Apprendre de ses erreurs
Face à un échec : doit-on persévérer ou abandonner ?
Il est bien connu que personne n’est parfait et que l’erreur est humaine. Toutefois lorsque nous commettons des erreurs, elles sont quasiment toutes considérées comme des échecs. Alors qu’en fait, elles sont un moyen d’apprendre. D’apprendre sur nous-même, sur nos capacités, nos compétences.
Il existe différents niveaux d’erreurs, de l’oubli du « s » pour marquer le pluriel dans la dictée de CE2 à l’erreur de jugement sur une personne de son entourage, en passant par le mauvais choix d’orientation scolaire ou professionnelle…Quotidiennement, consciemment ou pas, on fait des erreurs. Certaines sont acceptables et/ou compréhensibles, d’autres moins. Mais que faut-il faire en cas d’échec ? Doit-on persévérer ou abandonner ?
Cela pourrait presque faire un sujet du bac de philo 2026 😊 Sans partir dans de grands débats je vais essayer de vous apporter des pistes de réflexion issues de mes expériences personnelles et des situations que je rencontre en cabinet.
Rien n’est « paroles d’évangile », juste l’envie de partager des réflexions sur un sujet que je rencontre souvent notamment en orientation scolaire et professionnelle.
L’erreur en milieu scolaire
L’erreur est un pilier fondamental des apprentissages scolaires. Tous les écoliers font des erreurs et c’est tant mieux. Grâce aux fautes que votre enfant fait, il progresse ! Les différentes études en neurosciences montrent que lorsqu’une erreur est commise, le cerveau passe en mode actif pour comprendre. La difficulté, l’effort permet d’apprendre et de mémoriser. Cependant, le plus important dans l’erreur que fait l’élève est le regard de l’adulte (enseignant, prof, parents…) ! Et là notre culture française est bien à la traine ☹
Se tromper, c’est mal ! Et c’est souligné en rouge sur nos cahiers.
Si on changeait notre regard sur les fautes d’orthographes ou de calcul ? Pour vous amener la réflexion : rappelez-vous, quand votre enfant (ou vous-même) a commencé à apprendre la marche. Vous vous souvenez…C’était un peu château branlant, il y a eu 3 pas puis chute…Avez-vous pensé à ce moment « c’est foutu jamais il ne marchera » ? Lui avez-vous dit « tu es nul » ou « tu n’es pas fait pour ça » ou encore « la marche c’est pas pour toi !»
Non ! Je m’en doutais. Et bien pourquoi le faire sur les tables de multiplication ? la lecture ou encore la conjugaison de l’imparfait ?
Peut-être parce que vous reproduisez des schémas familiaux, peut-être par la pression des notes, du regard des autres, des taux de réussite du collège etc…
Et si on changeait de regard, si on valorisait les efforts, le chemin parcouru plus que le résultat, si on encourageait (allez mon chéri, un pied devant l’autre), si on soutenait (tiens toi à moi, je vais t’aider)…Je vous laisse imaginer les changements que l’on observerait…
L’erreur en milieu professionnel
Même topo que pour le milieu scolaire sauf qu’en milieu professionnel, les erreurs sont d’autant plus redoutées qu’elles ont un impact plus ou moins fort sur notre emploi, dont dépend notre confort et celui de notre famille.
En milieu professionnel, l’erreur est donc une véritable source d’inquiétude.
Toujours tout réussir à la perfection est impossible. Vous finirez forcément par commettre des erreurs à un moment donné, mais bonne nouvelle : ce n’est pas grave ! D’ailleurs ce qui fait la différence c’est votre façon de vous relever, de transformer l’erreur en opportunité => une nouvelle occasion d’apprendre, d’évoluer et de vous améliorer.
Il faut noter que le perfectionnisme est l’ennemi de l’efficacité (productivité). A vouloir toujours tout faire bien et parfaitement, on passe son temps à vérifier, revérifier, on veut tout contrôler, on fait traîner si on a des doutes, on est bien souvent très insatisfait et notre humeur en découle !
Être perfectionniste, ou gérer quelqu’un qui l’est, n’est pas de tout repos. Lâcher prise et accepter les erreurs, elles sont humaines et permettent de grandir !
Mais alors si on se trompe doit-on persévérer ou abandonner ?
Qui ne s’est jamais dit à lui-même ou à son enfant « tu t’es engagé tu dois aller jusqu’au bout ! » ???
Dans nos cultures la persévérance est glorifiée alors que parfois abandonner est une décision bien plus courageuse !
Le fait de démissionner, d’abandonner une activité ou de laisser tomber un loisir reste largement moins valorisé culturellement que la persévérance et la constance. Une personne qui consacre toute son énergie à un projet au-delà des obstacles et des critiques reste considérée comme admirable. En revanche, quelqu’un qui jette l’éponge aura tendance à être décrit comme instable, inconstant, voire paresseux.
Pourtant, le fait de savoir abandonner à temps, un travail, un projet ou une relation, est une qualité aussi importante que la persévérance et la constance dans la poursuite d’une activité. De toutes façons, il n’est pas matériellement possible de continuer tout ce que l’on commence. Savoir choisir ce qui mérite d’être abandonné et ce qui vaut la peine d’être continué. Abandon et Poursuite sont les deux faces d’une même médaille.
Bien que parfois très utile, comme lâcher du leste pour faire monter une montgolfière, abandonner n’a rien d’évident. En effet, cela revient à perdre et perdre c’est frustrant ! Réguler sa frustration permet d’apprendre et d’évoluer sans cela on reste borné, obstiné dans un état qui ne convient à personne.
Petit rappel : les premières découvertes de la frustration se font enfant et notamment lorsque l’on perd à un jeu – Allez lire ou relire mon article à ce sujet : Mon enfant n’aime pas perdre.
Quitter ou ne pas quitter ? What is the question !
De tous temps on nous a transmis l’information qu’abandonner est échouer, nous fait régresser, est mal vu…En réalité c’est parfois l’inverse qui se produit (beaucoup d’enfants ayant redoublés ont eu de meilleurs comportements et résultats). On a l’intuition que le fait d’abandonner ralentira notre progression. Je ne pense pas qu’il y ai de bonnes ou mauvaises réponses, je pense qu’il faut faire des choix avec ce que l’on sait, ce que l’on a envie et surtout qui on est. Se connaître tant sur ses forces, son mode de fonctionnement permet de prendre des décisions qui ont du sens et sont motivantes pour réussir et persévérer.
